L’initiative «anti-4x4» a été lancée par les Jeunes Verts suisses. Elle demande à la Confédération des prescriptions pour réduire les répercussions négatives des véhicules à moteur. Cette initiative restreindrait fortement l’achat de voitures neuves.
La désignation initiative «anti-4x4» est non seulement un doux euphémisme, mais elle est aussi et surtout un attrape-nigaud véritable. Si l’on appliquait concrètement ses prescriptions, cette initiative ne viserait pas seulement les véhicules tout-terrain de grande taille, mais toutes les voitures pesant plus de 2,2 tonnes et consommant plus de 10,4 litres d’essence, respectivement 9,4 litres de diesel aux 100 km, et émettant plus de 250 g de CO2 par kilomètre; pour les véhicules diesel, les émissions de particules fines ne doivent pas dépasser 2,5 mg.
Un autre aspect, dont on ne parle guère, réside dans le fait que les véhicules déjà immatriculés, qui ne correspondent pas aux prescriptions de l’initiative, ne pourraient plus que circuler à une vitesse maximale de 100 km/h! Au total, environ 650 modèles des 4841 modèles commercialisés actuellement en Suisse ne pourraient plus être importés. Les deux tiers de ces voitures ne tombent pas dans la catégorie des SUV/véhicules tout-terrain, mais sont des limousines, breaks, vans familiaux et voitures de sport. A côté des grands SUV, des marques entières seraient appelées à disparaître de l’offre: Ferrari, Lamborghini, Maserati, Bentley, Rolls Royce et Aston Martin, et toutes les Porsche, deux modèles mis à part.
Coup d'oeil à Berne
Le débat sur cette initiative est très prisé par les médias qui le dirigent de manière très émotionnelle. Sous l’égide d’auto-suisse, la branche automobile et les associations économiques renommées se défendent. Le but est de remporter la votation avec un score de «Non» de 60 % au moins. Le Conseil fédéral rejette clairement cette initiative populaire et a soumis en début de l'année au Parlement un contre-projet indirect. Il justifie ce rejet par le fait que la sécurité routière et la réduction des particules fines peuvent également être réalisées sans cette initiative populaire. Le Conseil national a également rejeté l’initiative populaire des Jeunes Verts et approuve le modèle que la Commission de l’environnement a proposé de concert avec le Conseil fédéral. L’initiative et le contre-projet indirect seront maintenant traités par le Conseil des Etats.
L'avis de Rouler Intelligent
Nous n’avons pas besoins d’interdictions supplémentaires! Qui pourrait sérieusement souhaiter que la loi nous prescrive quelle voiture nous devons conduire? Le législateur va-t-il bientôt aussi vouloir nous prescrire par la loi la surface habitable à laquelle nous avons droit? Les motos, résidences secondaires et piscines privées vont-elles bientôt aussi être interdites? Cela n’est tout simplement pas concevable dans une société libérale! Selon les premières estimations des spécialistes, il se pourrait même que l’exclusion de marques entières et l’éloignement de certains modèles soient contraires à des traités internationaux.
Un manque à gagner de près de 100 millions de francs pour la caisse fédérale serait une autre conséquence indésirable de cette initiative, car le commerce automobile verrait son chiffre d’affaires baisser de plus d’un milliard de francs avec bien entendu une perte correspondante d’emplois! Les acheteuses et acheteurs d’automobiles sont depuis longue date plus intelligents que certains Verts militants ne le pensent: ils achètent de plus en plus de véhicules des catégories d’efficacité énergétique A et B. Mais ceux qui souhaitent acheter une voiture familiale ou un véhicule tout-terrain ou qui s’enthousiasment pour une voiture de sport doivent pouvoir continuer à les acheter et les conduire aussi à l’avenir.